DECLARATION IMPOT 2026

Guide en 6 étapes : Comment faire sa déclaration d’impôt sur le revenu en 2026 ?

Ce guide en 6 étapes est conçu pour accompagner le contribuable français dans sa déclaration d’impôt sur le revenu perçu en 2025, à effectuer en 2026.

décalration impot 2026

1. Qui doit déclarer ses revenus ?

1.1 Obligation déclarative

Toute personne domiciliée fiscalement en France est tenue de déclarer chaque année les revenus perçus l’année précédente, quel que soit leur montant. Le prélèvement à la source ne dispense pas de cette obligation.

1.2 Cas particuliers

  • Première déclaration : Les jeunes majeurs ou nouveaux arrivants en France doivent créer un espace personnel sur impots.gouv.fr pour déclarer leurs revenus.
  • Décès du conjoint en 2025 : Deux déclarations sont nécessaires : une commune jusqu’à la date du décès et une individuelle pour la période suivante.

2. Calendrier fiscal 2026

2.1 Dates limites de déclaration en ligne

La déclaration en ligne des revenus de 2026 débute le 9 avril 2026. Les dates limites varient selon le département de résidence au 1er janvier 2026 :

  • Départements 01 à 19 et non-résidents : jeudi 21 mai 2026 à 23h59
  • Départements 20 à 54 (y compris 2A et 2B) : jeudi 28 mai 2026 à 23h59
  • Départements 55 à 976 : jeudi 4 juin 2026 à 23h59

2.2 Déclaration papier

La déclaration papier doit être envoyée au plus tard le mardi 19 mai 2026.

3. Modalités de déclaration

3.1 Déclaration en ligne

Obligatoire si le foyer est équipé d’un accès internet. Elle se fait via l’espace particulier sur impots.gouv.fr. Des sanctions sont prévues en cas de non-respect de cette obligation.

3.2 Déclaration automatique

Si l’administration fiscale dispose de toutes les informations nécessaires, certains contribuables peuvent bénéficier de la déclaration automatique. Ils sont informés par courriel ou courrier. Il est essentiel de vérifier les informations préremplies.

4. Revenus à déclarer

4.1 Revenus courants

4.2 Revenus exceptionnels

Les indemnités de départ, les primes exceptionnelles, etc., doivent être déclarés et peuvent bénéficier du système du quotient pour atténuer la progressivité de l’impôt.

4.3 Revenus étrangers

Les revenus perçus à l’étranger doivent être déclarés via le formulaire 2047.

5. Charges déductibles et réductions d’impôt

5.1 Charges déductibles

  • Pensions alimentaires versées.
  • Frais réels professionnels.
  • Épargne retraite (PER, etc.).

5.2 Réductions et crédits d’impôt

  • Dons aux œuvres.
  • Frais de garde d’enfants.
  • Travaux de rénovation énergétique.

Ces avantages fiscaux sont à renseigner dans le formulaire 2042 RICI.

6. Simulation et paiement de l’impôt

6.1 Simulation

Le simulateur officiel permet d’estimer le montant de l’impôt et le revenu fiscal de référence. 

lien à consulter : Simulateur de calcul pour 2026

6.2 Prélèvement à la source

L’impôt est prélevé directement sur les revenus. Il est possible de moduler le taux ou les acomptes via l’espace particulier sur impots.gouv.fr.

7. Loi de finances 2026 : ce qui change pour les particuliers

La loi de finances 2026 a été promulguée le 19 février 2026.La loi de finances 2026 combine plusieurs objectifs :

  • soutenir le pouvoir d’achat via certaines aides sociales.
  • limiter l’impact de l’inflation sur l’impôt sur le revenu,
  • créer de nouvelles recettes (taxe sur petits colis, holdings),
  • relancer l’investissement immobilier avec « Relance logement »,

Revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu

La loi de finances pour 2026 prévoit une revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu de +0,9 %, correspondant au niveau de l’inflation retenu par le gouvernement.

👉 Cette mesure a pour objectif de neutraliser l’effet de l’inflation sur l’impôt. Sans cette revalorisation, une hausse des salaires liée à l’inflation pourrait faire passer certains contribuables dans une tranche d’imposition supérieure, ce qui augmenterait leur impôt sans gain réel de pouvoir d’achat.

✔️ Concrètement :

  • Les seuils des différentes tranches d’imposition sont augmentés de 0,9 %.
  • Cela permet de maintenir globalement le même niveau d’imposition pour les ménages dont les revenus ont simplement suivi l’inflation.

📊 Exemple simplifié :
Si votre revenu a augmenté d’environ 0,9 %, vous devriez rester dans la même tranche d’imposition, et donc ne pas payer davantage d’impôt uniquement à cause de l’inflation.

✅ En résumé : cette revalorisation vise à éviter une hausse automatique de l’impôt pour les ménages liée à l’inflation.

Maintien de l’abattement de 10 % sur les retraites

L’article 6 du projet de loi de finances pour 2026 prévoyait initialement une réforme de la fiscalité des retraités.

  • Il proposait de supprimer l’abattement de 10 % appliqué aux pensions de retraite pour le calcul de l’impôt sur le revenu.
  • Cet abattement devait être remplacé par un abattement forfaitaire de 2 000 € par foyer fiscal.

👉 Toutefois, au cours de l’examen parlementaire, cette disposition a été abandonnée.

Dans la loi de finances 2026 définitivement adoptée :

  • L’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est maintenu.
  • Les retraités continuent donc de bénéficier de cet avantage fiscal appliqué automatiquement à leurs pensions, dans les mêmes conditions qu’auparavant (avec les plafonds existants).

📌 En résumé : la réforme envisagée pour modifier l’abattement sur les pensions de retraite n’a finalement pas été retenue, et le dispositif actuel reste inchangé.

Reconduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR)

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), instaurée en 2025, est reconduite par la loi de finances pour 2026.

Objectif de la mesure

Cette contribution vise à garantir un taux d’imposition minimal de 20 % sur les revenus des contribuables les plus aisés. Elle s’applique lorsque le taux d’imposition effectif d’un foyer fiscal est inférieur à ce seuil.

Cette mesure est temporaire : elle doit rester en vigueur jusqu’à ce que le déficit public repasse sous les 3 % du PIB, conformément aux objectifs budgétaires de la France.

Foyers concernés

La contribution s’applique aux foyers dont le revenu fiscal de référence (RFR) dépasse :

  • 250 000 € pour une personne seule ;
  • 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune.

Principe de fonctionnement

Si, après prise en compte de l’ensemble des impôts sur les revenus, le taux d’imposition global est inférieur à 20 %, une contribution complémentaire est appliquée afin d’atteindre ce niveau minimal.

En résumé : la CDHR agit comme un mécanisme de taux minimal d’imposition pour les très hauts revenus, afin d’éviter que certains contribuables fortement aisés bénéficient d’un taux effectif trop faible grâce à différents dispositifs fiscaux.

Création d’une taxe sur les holdings patrimoniales

La loi de finances pour 2026 crée une taxe spécifique sur certaines holdings patrimoniales, mais avec un champ d’application beaucoup plus limité que celui prévu dans le projet initial.

Principe de la taxe

Au départ, le projet de loi prévoyait une taxe de 2 % sur l’ensemble des actifs non affectés à une activité économique détenus par des holdings.
Après les débats parlementaires, la mesure a été fortement restreinte.

La taxe vise désormais uniquement la valeur vénale de certains biens considérés comme “somptuaires” lorsqu’ils sont détenus par une holding et ne sont pas liés à une activité professionnelle.

Biens concernés

Par exemple :

  • les yachts
  • les véhicules de collection
  • les chevaux de course
  • les bijoux

Biens exclus de l’assiette

Ne sont pas soumis à cette taxe :

  • la trésorerie
  • les titres financiers
  • les participations actives dans des sociétés
  • les œuvres d’art

Taux et entrée en vigueur

  • Taux de la taxe : 20 %
  • Elle s’appliquera aux exercices clos à partir du 31 décembre 2026.

Sociétés concernées

La taxe s’applique aux holdings contrôlées par des personnes physiques, lorsque celles-ci détiennent via la société des biens de luxe non liés à une activité économique.

En résumé : la mesure vise surtout à empêcher l’utilisation de holdings patrimoniales pour détenir des biens de luxe tout en bénéficiant d’une fiscalité plus favorable.ques avec un seuil de patrimoine au moins égal à cinq millions d’euros.

Doublement du plafond de la réduction d’impôt « Coluche » 

La loi de finances pour 2026 renforce les incitations fiscales aux dons, afin d’encourager la générosité des contribuables.

Dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté

Depuis le 14 octobre 2025, les dons effectués au profit :

  • des organismes d’aide aux personnes en difficulté (dispositif dit « Coluche »),
  • et des organismes venant en aide aux victimes de violence,

ouvrent droit à une réduction d’impôt de 75 %.

🔹 Plafond revalorisé :

  • 2 000 € de dons par an,
  • contre 1 000 € auparavant.

Dons pour la restauration du château de Chambord

Un dispositif spécifique est également prévu.

Les dons réalisés entre le 1ᵉʳ janvier 2026 et le 31 décembre 2026 pour la restauration du château de Chambord donnent droit à :

  • une réduction d’impôt de 75 %,
  • dans la limite de 1 000 € de dons par an.

En résumé : la loi de finances 2026 augmente les avantages fiscaux pour les dons, notamment en doublant le plafond du dispositif « Coluche » et en créant un avantage spécifique pour soutenir la restauration du château de Chambord.

Logement

Création du dispositif « Relance logement »

La loi de finances 2026 met en place un nouveau dispositif fiscal à destination des particuliers afin de stimuler l’offre de logement locatif. Mis en place pour trois ans, Relance logement concerne les logements dans les immeubles collectifs sur l’ensemble du territoire :

  • neufs,
  • anciens, à condition de réaliser des travaux représentant au moins 30 % de la valeur du bien.

Pour bénéficier du dispositif, les bailleurs doivent s’engager à louer le bien comme logement principal (sauf dans le cercle familial proche) pendant une durée de neuf ans en respectant un plafond de loyer.

En contrepartie, le bailleur pourra déduire de ses revenus locatifs :

  • une partie du prix d’achat du bien (jusqu’à 12 000 euros/an),
  • l’intégralité des charges liées à la location (travaux, intérêt d’emprunt, taxe foncière) jusqu’à 10 700 euros.

Réouverture de MaPrimeRénov’

L’absence de vote de budget fin 2025 a eu pour conséquence la suspension du guichet MaPrimeRénov’. L’adoption de la loi de finances 2026 permet la réouverture complète de MaPrimeRénov’ à tous les ménages dans les mêmes conditions qu’en 2025. Un rendez-vous en espace conseil France Rénov’ devient obligatoire avant le dépôt d’une demande d’aide MaPrimeRénov’.

MaPrimRénov’ est la principale aide de l’État pour la rénovation énergétique des logements individuels et copropriétés.

Réouverture des autres guichets suspendus en l’absence de budget voté fin 2025

L’adoption de la loi de finances 2026 permet la réouverture progressive des guichets contraints de fermer au 1er janvier 2026 :

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Comment gérer son patrimoine après une carrière sportive ?

La carrière d’un sportif professionnel, souvent aussi courte qu’intense, concentre en quelques années des revenus considérables mais instables. La notoriété, les contrats de sponsoring, les primes de performance ou encore l’exploitation du droit à l’image génèrent des flux importants, soumis à une forte pression fiscale et sociale. Pourtant, l’arrêt de la carrière, parfois précoce ou brutale, marque la fin de ces revenus et la nécessité de transformer un capital de performance en un capital de sécurité.

Anticiper cette transition est un enjeu majeur de gestion de patrimoine. Il ne s’agit pas seulement de «placer ses gains», mais de structurer, protéger et faire fructifier un patrimoine dans la durée. Cela implique une réflexion globale intégrant fiscalité, structuration juridique, prévoyance, investissements et transmission.

Ce travail d’anticipation repose sur deux grands piliers. D’une part, anticiper la fin de carrière : un impératif de protection et de pérennisation du patrimoine (I) et d’autre part, les stratégies patrimoniales pour organiser l’après-carrière (II).

I. Anticiper la fin de carrière : un impératif de protection et de pérennisation du patrimoine

A. Une période charnière : de la carrière rémunératrice à la stabilité financière future

1. Une carrière courte et inégale

La durée moyenne d’une carrière sportive de haut niveau varie entre 5 et 10 ans. Ce temps limité concentre l’essentiel des revenus d’une vie professionnelle. Cette intensité financière, combinée à la précarité du parcours (blessures, sélections, performances, contrats), rend indispensable une gestion proactive dès les premières années de carrière.

La plupart des sportifs doivent envisager une seconde vie professionnelle, avec des revenus bien inférieurs. Sans stratégie patrimoniale, beaucoup se retrouvent confrontés à une érosion rapide de leur capital, notamment sous l’effet de la fiscalité et d’un train de vie difficile à ajuster.

2. L’importance d’une approche globale et précoce

La clé réside dans une planification anticipée.

Dès le début de carrière, un accompagnement pluridisciplinaire, avocat fiscaliste, expert-comptable, conseiller en gestion de patrimoine, permet d’établir un bilan patrimonial complet : structure des revenus, fiscalité applicable, besoin de liquidités, protection sociale et projet de reconversion.

Cette approche doit concilier trois objectifs :

  1. Sécuriser les revenus de carrière (contrats, image, primes) ;
  2. Capitaliser pendant les années de forte activité ;
  3. Préparer la transition vers une source de revenus pérenne et diversifiée.

Le sportif ne doit pas se limiter à la performance : il doit apprendre à transformer ses revenus exceptionnels en patrimoine durable.

B. Structurer et diversifier les sources de revenus dès la période d’activité

1. L’exploitation du droit à l’image : une ressource à structurer

La médiatisation des sportifs, amplifiée par les réseaux sociaux, offre des opportunités de diversification à travers l’exploitation commerciale de leur image.

Mais cette exploitation directe expose à une forte charge sociale et fiscale.

Deux schémas principaux existent :

  • L’exploitation directe : le sportif signe lui-même des contrats de sponsoring ou d’équipementier. Les revenus sont imposés comme bénéfices non commerciaux (BNC), soumis à l’impôt sur le revenu (jusqu’à 45 %) et aux prélèvements sociaux (17,2 %).
  • L’exploitation via une société : le sportif crée une société de gestion de droits à l’image, soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) (25 %). Cette structure permet de mutualiser les charges, différer la fiscalité et capitaliser au sein d’un véhicule patrimonial.

Ce second modèle, bien encadré, est souvent privilégié dans une logique d’optimisation et de pérennisation.

2. L’intérêt de la société d’image comme outil patrimonial

L’interposition d’une société (souvent une SASU ou SARL pour les sportifs résidents en France, voire une LLC à l’étranger) présente plusieurs atouts :

  • Réduction du frottement fiscal : IS à 25 % au lieu d’un taux global IR + charges pouvant dépasser 60 %.
  • Capitalisation interne : les bénéfices peuvent être réinvestis (immobilier, titres, fonds).
  • Préparation de la transmission : la société peut devenir un véhicule patrimonial transmissible.
  • Organisation professionnelle : gestion des droits, du personnel, des partenariats, voire du merchandising.

Toutefois, le recours à une société doit être sincère. L’administration peut requalifier le montage sur le fondement de l’abus de droit fiscal (LPF, art. L. 64) ou de l’article 155 A du CGI, étendu en 2024 aux revenus d’image exploités via des sociétés étrangères.

Un accompagnement juridique et fiscal spécialisé est donc indispensable.

II. Les stratégies patrimoniales pour organiser l’après-carrière

A. Mettre en place une ingénierie fiscale et patrimoniale adaptée

1. Arbitrer entre perception directe et société de gestion

Le choix entre percevoir directement ses revenus ou les canaliser via une société dépend de plusieurs paramètres :

  • Montant des revenus liés à l’image ;
  • Existence de partenaires internationaux ;
  • Projet de capitalisation et de transmission ;
  • Durée prévisionnelle de la carrière.

Ainsi, un sportif en début de carrière avec une notoriété croissante aura intérêt à constituer sa société tôt, lorsque la valeur de son image reste faible, afin d’éviter une imposition immédiate sur la plus-value d’apport (CGI, art. 151 octies).

En revanche, un athlète en fin de carrière, sans projets d’exploitation commerciale postérieure, privilégiera une perception directe et des placements sécurisés (contrats de capitalisation, assurance-vie, immobilier).

2. Sécuriser les montages et éviter les requalifications

Il est important de souligner les nombreux risques de requalification :

  • URSSAF et Code du travail (art. L.7123-3) : requalification en contrat de travail lorsque le sportif est soumis à des obligations (port d’équipements, présence à des événements).
  • Article 155 A du CGI : imposition en France des revenus logés dans une société étrangère contrôlée par un résident français, même si la société dispose d’une substance réelle.

Ces requalifications peuvent entraîner un coût social et fiscal majeur. D’où la nécessité de :

  • formaliser des contrats distincts pour les prestations sportives et commerciales ;
  • justifier la réalité de l’activité de la société (factures, locaux, comptes) ;
  • éviter toute domiciliation dans un État à régime fiscal privilégié.

En pratique, un audit fiscal et patrimonial annuel est recommandé pour ajuster la stratégie selon les évolutions du droit et de la situation du sportif.

B. Diversifier et transmettre : construire un patrimoine durable et transmissible

1. Diversifier ses investissements

La diversification est la clé d’une stabilité post-carrière.

Le patrimoine du sportif doit reposer sur plusieurs piliers :

  • Immobilier : résidence principale, investissement locatif (Pinel, LMNP, déficit foncier), voire immobilier commercial.
  • Placements financiers : PEA, assurance-vie, contrat de capitalisation, private equity, fonds patrimoniaux.
  • Internationalisation : constitution de holdings ou de sociétés de portefeuille pour investir à l’étranger, avec attention aux conventions fiscales.

Ces supports permettent d’adapter la stratégie à chaque phase : constitution, rendement, puis transmission.

Les sociétés patrimoniales (SCI, SAS patrimoniale, société de portefeuille) sont des vecteurs privilégiés pour :

  • loger les actifs ;
  • organiser la gouvernance familiale ;
  • anticiper la transmission tout en gardant le contrôle.

2. Anticiper la transmission et la reconversion

L’après-carrière n’est pas seulement financière : elle est aussi humaine et professionnelle.

Le sportif doit envisager :

  • sa reconversion (coaching, entrepreneuriat, média, immobilier, formation) ;
  • sa protection personnelle et familiale (régime matrimonial, contrat d’assurance, prévoyance) ;
  • la transmission de son patrimoine à ses proches ou via une fondation.

Les outils juridiques et fiscaux à privilégier :

  • Pacte Dutreil pour transmettre des titres à moindre coût fiscal ;
  • Donation temporaire d’usufruit pour soutenir un proche ou un organisme ;
  • Assurance-vie pour la transmission hors succession ;
  • Société holding familiale pour gérer les actifs post-carrière et mutualiser les participations.

Un accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP) et un avocat droit du sport/fiscaliste garantit la cohérence entre stratégie sportive, fiscale et patrimoniale.

Focus fiscal : le droit à l’image, un levier patrimonial à double tranchant

La création d’une société d’exploitation de droits à l’image permet de transformer un revenu éphémère en capital durable, mais exige une parfaite maîtrise du cadre fiscal :

  • IS à 25 % sur les bénéfices, au lieu d’une imposition au barème progressif de l’IR ;
  • Taxation différée en cas de non-distribution ;
  • Risque d’abus de droit fiscal si la société est purement artificielle ;
  • Article 155 A du CGI : extension depuis 2024 à l’exploitation d’image via sociétés étrangères, même en l’absence de lien direct avec l’activité sportive ;
  • Conventions fiscales internationales : certaines (France–Luxembourg, par exemple) limitent l’imposition à l’État source pour des revenus inférieurs à 20 000 €.

En pratique, la société d’image doit être envisagée comme un véritable outil de gestion et d’investissement, non comme une simple « coquille » d’optimisation.

Bien utilisée, elle devient un vecteur de capitalisation, de diversification et de transmission.

Conclusion : de la performance à la pérennité

La réussite sportive ne se mesure pas uniquement en trophées. Elle se prolonge dans la capacité du sportif à transformer son succès en sécurité financière.

Anticiper la fin de carrière, c’est accepter que la performance économique succède à la performance physique.

Grâce à une ingénierie patrimoniale globale, intégrant fiscalité, structuration juridique, placements et transmission, le sportif peut :

  • préserver le fruit de sa carrière ;
  • assurer son indépendance financière ;
  • préparer sereinement sa reconversion et sa succession.

mon patrimoine financier

Référencement « Monpatrimoinesolide »

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Être accompagné par un CGP (Conseiller en Gestion de Patrimoine) plutôt que directement par une banque, c’est surtout choisir plus de personnalisation, plus d’indépendance, et souvent une stratégie patrimoniale plus globale.

1. Personnalisation

Une banque se concentre souvent sur :

  • ses produits financiers
  • ton épargne / ton crédit
  • parfois ton assurance

Un CGP, lui, peut travailler sur une vision globale :

  • placements financiers
  • fiscalité
  • immobilier
  • retraite
  • transmission / succession
  • protection familiale (prévoyance)
  • structure juridique (SCI, holding…)

👉 Le CGP pense “stratégie” là où la banque pense souvent “produit”.

2. Indépendance

Une banque (surtout classique) est généralement “maison” :

  • elle propose majoritairement ses fonds, assurances vie, etc.
  • parfois des solutions “partenaires” mais sélectionnées

Un CGP (surtout indépendant) peut :

  • comparer plusieurs assureurs
  • sélectionner des fonds et supports plus larges
  • choisir des solutions adaptées (PEA, AV, PER, SCPI, private equity…)
  • arbitrer selon ton profil et tes objectifs

👉 Tu as accès à un univers d’investissement plus large, souvent avec plus de souplesse.

3. Moins de conflits d’intérêts

Dans une banque, le conseiller est souvent :

  • salarié
  • soumis à des objectifs commerciaux
  • encouragé à vendre certains produits prioritaires

Un bon CGP :

  • est rémunéré par honoraires ou rétrocessions transparentes
  • doit justifier son conseil (devoir de conseil)
  • est censé agir dans l’intérêt client (et pas dans celui d’une gamme interne)

👉 On est moins dans la vente, plus dans le conseil, quand le CGP est bien choisi.

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Pour rechercher un cabinet de gestion de patrimoine, il est nécessaire de se renseigner sur plusieurs facteurs; dans cet article, nous allons vous expliquer les points de vigilance essentiels à avoir lors de votre recherche.

Quel est le rôle d’un gestionnaire de patrimoine ?

Le gestionnaire de patrimoine accompagne ses clients pour organiser, développer et protéger leur patrimoine. Il réalise un diagnostic complet : revenus, épargne, immobilier, dettes, objectifs, situation familiale et fiscale. Il définit ensuite une stratégie sur mesure, en fonction du profil de risque et de l’horizon de placement. Il conseille sur des solutions variées : assurance-vie, PER, immobilier, placements financiers, private equity, etc. Il optimise la fiscalité (impôt sur le revenu, IFI, transmission, donations, succession…). Il aide également à préparer des projets de vie : retraite, achat immobilier, études des enfants, transmission d’entreprise. Il peut aussi accompagner les chefs d’entreprise sur la rémunération, la cession et la structuration juridique.

Son rôle est d’apporter une vision globale, et de coordonner parfois notaire, expert-comptable et avocat.

Il assure un suivi régulier et ajuste la stratégie selon les évolutions personnelles ou économiques.

Son objectif : sécuriser le client, diversifier les risques et faire croître le patrimoine dans la durée.

Vous êtes à la recherche d’un cabinet de gestion de patrimoine ?

Pour engager une démarche de sélection d’un cabinet de gestion de patrimoine à Lyon, l’idéal est de rencontrer le cabinet et le questionner sur son approche, le niveau d’accompagnement et leur spécialisation (gestion financière, immobilier, optimisation fiscale, transmission…). Lors du premier rendez-vous, n’hésitez pas à demander des éléments concrets : statuts réglementaires, adhésion à une association professionnelle, mode de rémunération et exemples de livrables (lettre de mission, étude patrimoniale, reporting). Un bon conseiller doit être capable de formaliser vos objectifs, de présenter clairement les risques et de proposer une allocation cohérente avec votre situation. La qualité de la relation et la pédagogie sont essentielles : vous devez comprendre les solutions proposées et vous sentir à l’aise dans la durée. Enfin, n’hésitez pas à regarder les avis Google des clients du cabinet concerné

Vous êtes à la recherche d’un cabinet en gestion de patrimoine ? Notre cabinet Patrimoine Design est désormais référencé sur le site : https://www.cabinet-gestion-patrimoine.fr/

Voici le lien concernant notre cabinet

Notre cabinet a + de 100 avis et noté 5 étoiles

Notre cabinet accompagnons les particuliers, les professionnels, les sportifs de haut niveau dans la structuration, la valorisation et la transmission du patrimoine. Nos gestionnaires sont certifiés AMF et AMF durable.

L’AMF (Autorité des marchés financiers) est le régulateur français chargé de protéger l’épargne investie en instruments financiers et d’assurer le bon fonctionnement des marchés. Elle contrôle les acteurs financiers (sociétés de gestion, banques, intermédiaires, conseillers), vérifie la qualité de l’information fournie aux investisseurs et peut sanctionner les manquements aux règles. L’AMF autorise certains produits et veille au respect de la réglementation, notamment en matière de transparence et de lutte contre les abus de marché. Elle publie également des recommandations, des avertissements et des listes noires pour prévenir les arnaques.

Le cabinet est référencé auprès de la CNCGP. Créée en 1978, la Chambre Nationale des Conseils en Gestion de Patrimoine (CNCGP) est l’association professionnelle des Conseils en gestion de patrimoine (CGP). 
En tant qu’association de Conseils en Investissements Financiers (CIF), de courtiers en assurance (IAS) et d’intermédiaires en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP), la CNCGP est agréée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR).
 
La CNCGP a pour mission:

  • de promouvoir la profession de CGP
  • de défendre ses intérêts
  • et d’accompagner ses adhérents dans l’exercice de leur activité professionnelle.

mécanismes d'insaisabilité patrimoine entrepreneur

Les mécanismes d’insaisissabilité: une protection du patrimoine pour l’entrepreneur 

La difficulté à saisir un bien permet d’éviter qu’il ne soit pris en gage par les créanciers. Bien que normalement, tous les biens du débiteur devraient être à la disposition commune de ses créanciers, le droit français propose divers mécanismes spéciaux pour garantir l’insaisissabilité de certains biens, même au-delà des dispositions de la loi du 14 février 2022. Ces mécanismes, notamment la Loi Dutreil et la Loi Macron, ainsi que le droit commun, restent pertinents, bien que leur importance ait diminué depuis l’adoption de ladite loi.

1. La déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI) issue de la loi Dutreil

La protection du patrimoine d’un entrepreneur peut être réalisée en optant pour une personnalité morale. À l’inverse, l’entrepreneur peut choisir d’exercer son activité en tant qu’entreprise individuelle. Pour encourager la création d’entreprises individuelles, le législateur, par le biais de la Loi Dutreil du 1er août 2003, avait prévu une mesure de protection visant à limiter la responsabilité illimitée des entrepreneurs individuels. Cette mesure, appelée déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI), est énoncée dans les articles L.526-1 et suivants du Code de commerce.

La DNI demeure importante tant pour les entrepreneurs que pour les créanciers, même après l’entrée en vigueur de la loi de 2022.

1.1 Le but de la DNI (déclaration notariée d’insaisissabilité)

La DNI vise à rendre certains biens d’un entrepreneur individuel personne physique insaisissables par ses créanciers professionnels. Initialement, la Loi Dutreil avait introduit la déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI) uniquement pour les biens immobiliers servant de résidence principale à l’entrepreneur individuel, à condition qu’il en soit propriétaire.

Pour renforcer l’efficacité de ce dispositif et encourager davantage d’entrepreneurs à l’adopter, et ainsi stimuler la création d’entreprises, la Loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 a élargi le champ d’application de la DNI à tous les biens fonciers, bâtis ou non, détenus par un entrepreneur.

Cependant, pour être éligible à la DNI, le bien foncier ne doit pas être entièrement utilisé à des fins professionnelles. Cette mesure est réservée aux entrepreneurs individuels personnes physiques, excluant les sociétés et leurs associés.

Si un entrepreneur individuel modifie sa structure juridique en cours d’activité (passant de l’entreprise individuelle à une société, par exemple), la DNI devient caduque.

1.2 Le formalisme de la DNI (déclaration notariée d’insaisissabilité)

  • Le notaire 

Pour que l’entrepreneur individuel puisse bénéficier de l’insaisissabilité de ses biens, il doit prendre l’initiative de consulter un notaire pour établir une déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI). Cette démarche est indispensable et doit être effectuée sous peine de nullité, selon l’article L.526-2 du Code de commerce. La DNI doit inclure une description détaillée des biens fonciers concernés et préciser leur statut propre, commun ou indivis.

Le notaire n’offre pas ses services gratuitement pour cette procédure. Il y a des frais fixés par le législateur, ce qui rend cette démarche peu rentable pour les notaires. Dans la DNI, l’entrepreneur a le choix des biens à inclure.

DNI décalration notaire insaisissabilité
  • Publicité

La DNI doit être rendue publique pour être opposable aux tiers. Le notaire chargé de la procédure la fera publier au fichier immobilier et l’enregistrera auprès du registre d’immatriculation professionnelle de l’entrepreneur. C’est cette publicité qui rend la DNI opposable aux tiers, comme confirmé par une décision de la Cour de cassation en date du 15 novembre 2016.

1.3 Les effets de la DNI (déclaration notariée d’insaisissabilité)

Lorsque toutes les conditions de forme stipulées par le Code de commerce sont respectées, la déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI) a pour effet de protéger les biens fonciers mentionnés de l’action des créanciers professionnels. Cependant, il est important de noter que cette mesure ne s’applique qu’aux créanciers professionnels dont la créance est née après la double publication, comme énoncé par la Chambre commerciale le 8 janvier 2020.

En pratique, sur les 12 premières années du dispositif, il y a eu seulement 60 000 DNI, ce qui constitue un échec et indique un dysfonctionnement du dispositif. Trois raisons peuvent expliquer cette situation : de nombreux entrepreneurs individuels, en particulier les jeunes, ne possèdent pas de biens fonciers ; les entrepreneurs sont obligés de mettre à disposition de leurs créanciers professionnels, s’ils en sont propriétaires, leurs biens fonciers ; et enfin, le coût associé à la DNI.

Face à ces constats, le législateur a réagi en mettant en place une insaisissabilité légale avec la loi Macron.

2. L’insaisissabilité de la résidence principale issue de la loi Macron

L’insaisissabilité de la résidence principale découle de la loi Macron du 6 août 2015. Constatant les limites de la DNI, basée sur une démarche déclarative volontaire, le législateur a décidé de progresser en instaurant une protection légale automatique pour les résidences principales des entrepreneurs individuels. Cette mesure vise à remédier aux lacunes de la DNI en offrant une protection systématique.

Cependant, malgré l’introduction de cette insaisissabilité légale, la DNI reste pertinente et en vigueur.

2.1 Une insaisissabilité de principe de la résidence principale

La Loi Macron du 6 août 2015 vise à assouplir les contraintes pesant sur les entrepreneurs individuels tout en renforçant leur protection contre les créanciers professionnels, dans le but de promouvoir la création d’entreprise. Cette loi établit l’insaisissabilité automatique de la résidence principale de tout entrepreneur individuel, sans aucune formalité requise. Elle offre également une protection en cas de cession de la résidence principale et en cas de cohabitation pendant les procédures collectives.

Cependant, la qualification de résidence principale peut être sujette à controverse, nécessitant une preuve de la part de l’entrepreneur. Les juges sont chargés de s’assurer que les mesures d’insaisissabilité ne sont pas détournées de leur objectif initial. La loi du 14 février 2022 renforce cette exigence en demandant à l’entrepreneur individuel de prouver la nature de son patrimoine professionnel en cas de litige.

2.2 La renonciation à l’insaisissabilité : une sûreté négative

Il est envisageable de se désister de la déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI) ainsi que de l’insaisissabilité légale prévue par la loi Macron, comme stipulé dans l’article L.526-3 du Code de commerce. Cette démarche vise à répondre aux besoins des créanciers et à ne pas entraver le bon fonctionnement des entreprises individuelles.

Cette renonciation, visant à élargir le recours de certains créanciers professionnels, est flexible. Elle peut concerner tout ou partie des biens protégés et s’appliquer uniquement en faveur de créanciers spécifiques. Certains établissements de crédit exigent des entrepreneurs individuels de souscrire à des DNI pour réduire le risque pour les créanciers et ajoutent cette condition à l’obtention d’un prêt.

La renonciation n’a d’effet qu’à l’égard des créanciers professionnels dont la créance est postérieure à sa publication. Pour procéder à cette renonciation, un formalisme précis est requis : passage par un notaire avec une double-publication au fichier immobilier et au registre professionnel de l’entrepreneur individuel.

Lors de la renonciation, le notaire est tenu à un devoir de conseil afin de sensibiliser sur les risques encourus. De plus, lorsque le bénéficiaire de la renonciation cède sa créance professionnelle, le cessionnaire peut également se prévaloir de la renonciation, renforçant ainsi son intérêt.

2.3 La portée des insaisissabilités

La question des effets des mécanismes d’insaisissabilité n’a pas été pleinement examinée par le législateur.

La loi du 6 décembre 2013 relative à la lutte contre la fraude fiscale a précisé que la déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI) ne protège pas l’entrepreneur contre l’administration fiscale en cas de fraude ou d’inobservation grave de ses obligations fiscales.

Ces mécanismes d’insaisissabilité ne s’appliquent qu’aux créances liées à l’activité professionnelle de l’entrepreneur, ce qui limite leur protection. Ils offrent cependant l’avantage de ne pas restreindre les droits de l’entrepreneur sur les biens concernés.

L’article L.526-3 du Code de commerce prévoit une insaisissabilité temporaire du prix de vente de la résidence principale de l’entrepreneur individuel, pour une durée d’un an. Pour que cette mesure perdure lors de l’acquisition d’une nouvelle résidence principale, une déclaration de remploi des fonds doit être incluse dans l’acte d’acquisition.

En cas de cession de la résidence principale pendant une procédure collective, il est recommandé de consigner les fonds de manière à acheter une nouvelle résidence principale, et, par prudence, d’obtenir l’autorisation du juge commissaire pour toute cession d’un bien protégé.

La question de la résidence principale est cruciale : en cas de revente d’un bien qui n’est pas la résidence principale, l’insaisissabilité prend fin sans effet rétroactif. En cas d’usage mixte d’un immeuble, la partie non utilisée à des fins professionnelles reste insaisissable en faveur de l’entrepreneur individuel.

2.4 L’insaisissabilité en procédure collective

Les experts en droit des entreprises en difficulté ont été surpris dès l’adoption de la Loi Dutreil par l’absence de dispositions concernant le traitement des déclarations notariées d’insaisissabilité (DNI), notamment en cas de liquidation judiciaire, période où l’entrepreneur a le plus besoin de certitude.

Selon l’article L.632-1 du Code de commerce, les déclarations d’insaisissabilité faites par le débiteur après la date de cessation des paiements sont nulles. Cette nullité absolue vise à protéger les créanciers de l’entrepreneur. Il est donc impossible de souscrire à une DNI lorsque l’entreprise est en cessation des paiements mais que la procédure collective n’a pas encore débuté.

Depuis 2003, la jurisprudence s’efforce d’établir les règles applicables aux mécanismes d’insaisissabilité, afin de clarifier leur fonctionnement dans le cadre des procédures de redressement et de liquidation judiciaire.

2.4.1 L’opposabilité à la procédure collective

Pour que l’insaisissabilité produise ses effets, elle doit être opposable à la procédure collective, ce qui constitue une exception notable au principe antérieur à la loi du 14 février 2022 selon lequel les biens du débiteur en difficulté étaient considérés comme le gage général des créanciers. Ainsi, un liquidateur ne peut pas vendre un immeuble objet d’une insaisissabilité.

Selon une jurisprudence de 2021, un entrepreneur individuel ne peut plus faire publier une déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI) à compter de l’ouverture d’une procédure collective. Pour être opposable à cette procédure, la DNI doit non seulement être antérieure au jugement d’ouverture, mais également avoir été publiée avant celui-ci.

La question se pose de savoir si une insaisissabilité interdit toute action judiciaire pendant une procédure collective. Une jurisprudence 2016 a marqué un revirement de jurisprudence à ce sujet. Selon cette décision, la DNI n’est opposable à la liquidation judiciaire que si elle a fait l’objet d’une publicité régulière. Ainsi, le liquidateur peut contester la régularité d’une DNI en mettant en évidence qu’elle n’a pas été correctement publiée, ce qui peut augmenter le gage des créanciers.

2.4.2 L’opposabilité aux créanciers hors procédure collective

Les créanciers d’un débiteur en difficulté, à l’égard duquel les immeubles ne sont pas insaisissables, doivent pouvoir procéder à la réalisation de ces immeubles dans le cadre du droit commun, sans être restreints par l’ouverture d’une procédure collective. En d’autres termes, l’immeuble est considéré comme étant en dehors de la procédure collective.

La Cour de cassation a affirmé ce principe dans plusieurs arrêts de 2016, stipulant que l’immeuble insaisissable échappe à l’effet réel de la procédure collective et peut donc être réalisé conformément au droit commun par les créanciers auxquels l’insaisissabilité n’est pas opposable. Ainsi, ces créanciers ne sont pas tenus d’attendre la clôture de la procédure collective pour entamer une saisie immobilière.

Cette analyse a été confirmée par un arrêt de 2020, précisant qu’un créancier auquel la déclaration notariée d’insaisissabilité (DNI) est inopposable peut exercer son droit de poursuite sur l’immeuble indépendamment de ses droits dans la procédure collective frappant le propriétaire de l’immeuble. Cela signifie que ce créancier peut également inscrire une hypothèque provisoire sur le bien selon les procédures ordinaires du droit commun.

Toutefois, cette situation place le créancier dans une position délicate, car en vertu du principe de la procédure collective, il lui est interdit de réclamer le paiement de sa créance. Il doit donc être en mesure d’exercer son droit sur l’immeuble en dehors de la procédure collective, en obtenant un titre exécutoire, sans pour autant pouvoir réclamer le paiement de sa créance par le débiteur.

3. L’inaliénabilité de l’article 900-1 du Code civil

L’article 900-1 du Code civil établit les conditions de validité des clauses d’inaliénabilité : ces clauses ne sont valables que si elles sont temporaires et motivées par un intérêt sérieux et légitime.

Les clauses d’inaliénabilité sont des dispositions contractuelles qui empêchent le propriétaire d’un bien ou le détenteur d’un droit de le transférer volontairement à un tiers, que ce soit à titre gratuit ou onéreux. Elles offrent une protection temporaire au bien concerné lorsqu’elles sont conclues à l’occasion d’une donation ou d’une succession.

En cas de nécessité, le bénéficiaire peut demander en justice l’autorisation de disposer du bien soumis à une clause d’inaliénabilité dans deux situations :

  1. Lorsque l’intérêt ayant justifié la clause a disparu.
  2. Si un intérêt plus important que celui ayant motivé l’inaliénabilité justifie la levée de cette dernière.



En conclusion, les dispositifs d’insaisissabilité offrent aux entrepreneurs une protection précieuse pour leur patrimoine personnel, en limitant l’étendue des biens pouvant être saisis par leurs créanciers professionnels. La déclaration notariée d’insaisissabilité, introduite par la loi Dutreil, et l’insaisissabilité de la résidence principale, consacrée par la loi Macron, permettent aux chefs d’entreprise de mieux sécuriser leurs biens tout en continuant leurs activités. En parallèle, l’inaliénabilité de certains biens, régie par l’article 900-1 du Code civil, renforce cette protection dans le cadre des clauses de donation ou de legs. Ces mécanismes, bien qu’ils soient soumis à des formalismes et à certaines limitations, constituent des outils juridiques fondamentaux pour préserver le patrimoine privé des entrepreneurs face aux aléas financiers de leur activité professionnelle.