Divorce : Le fonctionnement du partage des biens

Le partage des biens lors d’un divorce est régi par le régime matrimonial applicable au couple, ainsi que par les lois françaises relatives au divorce. Il existe principalement trois régimes matrimoniaux en France : la communauté réduite aux acquêts, la communauté universelle, et la séparation de biens. Nous verrons dans cet article quelles sont les règles en fonction du régime matrimonial, et la procédure de changement de régime matrimonial au cours du mariage.

A.  Les règles de partage des biens entre les époux

            Dans le cadre du mariage, la question de la répartition des biens est d’une importance cruciale en cas de divorce ou même de décès d’un conjoint.

Les règles de partage vont dépendre du régime matrimonial qui a été choisi et des lois en vigueur dans le pays. Si vous êtes mariés sans contrat de mariage, vous relevez du régime de la communauté légale.

À l’inverse, si vous disposez d’un contrat de mariage, le régime matrimonial dépendra de ce contrat. Il existe plusieurs types de contrat de mariage comme la séparation de biens ou encore la communauté universelle.

À noter que peu importe le régime matrimonial, la liquidation et le partage désignent l’ensemble des opérations concernant la répartition des biens et la réalisation des comptes entre époux.

Ainsi, nous aborderons les différentes règles de partage des biens entre les époux, en mettant en évidence les régimes matrimoniaux les plus courants et leurs implications juridiques.

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1.    Les régimes matrimoniaux

Lorsqu’un couple se marie, il peut choisir entre différents régimes matrimoniaux, qui régissent la manière dont les biens sont gérés pendant le mariage et partagés en cas de dissolution de l’union.

Les régimes matrimoniaux les plus courants comprennent la communauté de biens réduite aux acquêts, la séparation de biens et la communauté universelle.

Lien à consulter : quel contrat de mariage choisir (service public).

a.     Communauté de biens réduite aux acquêts

Dans ce régime, les biens acquis pendant le mariage font partie de la communauté et sont soumis au partage en cas de divorce ou de décès. Les biens possédés avant le mariage et ceux obtenus par héritage ou donation restent la propriété exclusive de chaque époux. Cependant, les biens achetés ensemble pendant le mariage sont considérés comme des biens communs.

Lien à consulter : informations complémentaires sur le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts (service public).

b.     Séparation de biens

Sous ce régime, chaque conjoint conserve la propriété exclusive des biens qu’il possède avant et pendant le mariage. En cas de dissolution, les biens ne sont pas automatiquement partagés, mais les biens acquis en commun peuvent être soumis à une répartition selon les accords convenus. Ce régime offre une plus grande indépendance financière aux époux.

Lien à consulter : textes de loi applicable du régime de la séparation de biens (Légifrance).

c.     Communauté universelle

La communauté universelle englobe tous les biens des époux, qu’ils soient acquis avant ou pendant le mariage. En cas de dissolution, l’ensemble des biens est partagé à parts égales entre les conjoints. Cependant, les biens obtenus par héritage ou donation avec une clause de préservation de la propriété excluent généralement de la communauté. Lien à consulter : textes de loi du régime de la communauté universelle (Légifrance)

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2.    Implications juridiques et pratiques

  • Partage lors du divorce : En cas de divorce, le régime matrimonial détermine la manière dont les biens seront répartis. Les règles de partage peuvent varier en fonction de la législation du pays et des accords entre les époux.
  • Décès d’un conjoint : En cas de décès, les biens sont répartis conformément aux règles du régime matrimonial et aux dispositions testamentaires éventuelles. Si aucun testament n’existe, la loi successorale entre en jeu.
  • Prévention des litiges : Le choix d’un régime matrimonial doit être fait en tenant compte des objectifs financiers et familiaux. Une planification minutieuse peut éviter les conflits futurs en clarifiant la répartition des biens.
  • Contrats de mariage : Dans certains cas, les couples peuvent établir des contrats de mariage pour personnaliser les règles de partage des biens en fonction de leurs besoins et préférences.

Finalement, les règles de partage des biens entre les époux dépendent largement du régime matrimonial choisi. Chaque régime a ses avantages et ses inconvénients, et il est crucial pour les couples de comprendre les implications juridiques afin de prendre des décisions éclairées.

Qu’il s’agisse de préserver l’indépendance financière ou de favoriser la protection des biens de famille, le choix du régime matrimonial joue un rôle essentiel dans la gestion des biens au sein du mariage.

En France, le régime de la communauté légale réduite aux acquêts concerne 90% des couples. Nous aborderons ainsi plus en profondeur les caractéristiques du régime de la communauté.

B.    Les règles applicables concernant le régime de communauté légale

            Le régime de communauté légale est l’un des régimes matrimoniaux les plus couramment adoptés à travers le monde. Il établit un cadre juridique pour la gestion et le partage des biens acquis pendant le mariage.

Nous aborderons en détail les règles applicables au régime de communauté légale, en mettant en lumière ses principes fondamentaux, ses avantages et ses implications juridiques.

Les principes généraux du régime de la communauté légale :

Le régime de communauté légale, également connu sous le nom de communauté de biens réduite aux acquêts, est un régime matrimonial automatiquement appliqué à de nombreux pays en l’absence d’un choix explicite d’un autre régime matrimonial par les époux.

Sous ce régime, les biens acquis pendant le mariage sont considérés comme appartenant à la communauté conjugale et sont soumis à un partage équitable en cas de divorce ou de décès d’un conjoint.

1.     Les principes fondamentaux du régime de communauté légale

a.     Biens communs et biens propres  

Les biens acquis pendant le mariage font partie de la communauté conjugale et sont considérés comme des biens communs. Les biens possédés avant le mariage, ainsi que ceux obtenus par héritage ou donation, sont généralement considérés comme des biens propres et n’entrent pas dans la communauté.

b.     Gestion des biens

Les biens communs sont gérés conjointement par les époux. Les décisions concernant la vente, l’achat ou la gestion des biens requièrent généralement le consentement des deux parties.

c.      Partage en cas de dissolution

En cas de divorce ou de décès d’un conjoint, les biens communs sont sujets à un partage équitable entre les époux. La répartition peut varier en fonction des lois locales, mais l’objectif principal est de garantir une division équitable des biens accumulés pendant le mariage.

2.     Les implications juridiques et pratiques du régime de communauté légale

a.     Partage des biens en cas de divorce

Lorsque le mariage prend fin par le divorce, les biens communs sont généralement partagés de manière équitable entre les époux. Cela peut être un processus complexe, impliquant une évaluation des actifs, des dettes et des contributions respectives des conjoints.

b.     Protection des biens propres

Les biens possédés avant le mariage et ceux obtenus par héritage ou donation sont protégés en tant que biens propres. Cependant, il est important de maintenir une documentation précise pour prouver l’origine des biens.

c.      Gestion conjointe

La gestion conjointe des biens communs nécessite une communication ouverte entre les époux. Les décisions financières importantes doivent être prises en consultation mutuelle.

d.     Planification successorale

Sous le régime de communauté légale, une part des biens communs peut être héritée par les enfants ou les héritiers en cas de décès d’un conjoint. La planification successorale peut aider à assurer une transmission en accord avec les souhaits du couple.

3.     Avantages et limites du régime de communauté légale

a.      Les avantages du régime de communauté légale

Simplicité : Le régime de communauté légale est souvent simple à comprendre et à appliquer, ce qui en fait un choix populaire pour de nombreux couples.

Partage équitable : En cas de dissolution, ce régime vise à assurer un partage équitable des biens acquis pendant le mariage.

Protection du conjoint : Ce régime protège les droits du conjoint qui peut avoir contribué indirectement à l’acquisition des biens pendant le mariage.

b.     Les limites du régime de la communauté légale

Biens propres complexes : La distinction entre biens propres et biens communs peut être complexe dans certains cas, notamment en cas de commingling (mélange) des biens.

Possibilité de conflits : Le partage des biens peut entraîner des conflits si les conjoints ont des contributions financières inégales ou des désaccords sur la répartition.

Limite à l’indépendance financière : Certains époux pourraient préférer une plus grande indépendance financière que ce que permet le régime de communauté légale.

Le régime de communauté légale offre un cadre juridique pour la gestion et le partage des biens acquis pendant le mariage. Ses principes fondamentaux visent à établir l’équité entre les époux en cas de dissolution. Cependant, il est important de comprendre les implications légales et pratiques de ce régime avant de prendre une décision, car il peut avoir des conséquences significatives sur la gestion financière et planification future d’un couple. 

A noter que le choix du régime matrimonial n’est pas irréversible et qu’il existe des procédures afin de passer d’un régime à un autre.

Cas particulier: construire un bien immobilier sur le terrain de son conjoint – conséquence en cas de divorce

construire un bien immobilier sur le terrain de son conjoint - conséquence en cas de divorce

Un exemple de situation 

Vous êtes sous le régime de la communauté et votre conjoint détient, en propre, un terrain sur lequel vous avez construit ensemble une maison à l’aide de fonds communs. 

Cette situation amène à se demander : qui est le propriétaire de cette maison ?

Explication de la théorie de l’accession  

Le principe de la théorie de l’accession est le suivant : 

Si votre maison est construite sur un terrain détenu en propre par votre époux, seul ce dernier en sera le propriétaire.

En effet, cette théorie signifie que la propriété du sol emporte propriété du dessus et du dessous même si le bien construit est financé par les deux membres du couple. 

Les conséquences en cas de séparation ou de décès

En étant non-propriétaire du terrain, si vous avez participé à la construction par un apport ou emprunt bancaire, vous bénéficierez d’une indemnité nommée « récompense », proportionnelle à votre investissement dans l’opération. 

En effet, en cas de divorce ou de décès, le conjoint non propriétaire du terrain percevra une somme correspondant à la valeur de la construction en fonction de la plus-value générée.  

Vendre sa résidence principale après la séparation

vendre sa résidence principale apres une séparation

Le principe concernant l’exonération sur la plus-value de la résidence principale   

En générale, la plus-value réalisée lors de la vente du logement n’est pas imposable si celui-ci constitue la résidence principale et habituelle du propriétaire au moment de la vente.

Cependant, dans certaines hypothèses toutes les conditions pour bénéficier de cette exonération ne sont pas remplies.

Exemple : avant la séparation ou le divorce le conjoint a été contraint ou non de partir de la résidence principale du couple.

Au moment de la vente du logement cette dernière ne constitue plus sa résidence principale et habituelle et par conséquent le propriétaire du bien ne pourra pas bénéficier de l’exonération sur la plus-value.

Comment bénéficier de l’exonération sur la plus-value de la résidence principale ?


L’ex-conjoint qui est parti de la résidence principale au moment de la séparation peut bénéficier de cette exonération si : 

  • le logement était la résidence principale du couple durant la séparation;
  • le logement a été occupé par son ex-conjoint jusqu’à sa mise en vente;
  • la cession intervient dans des délais normaux de vente qui sont appréciés par votre service local;
  • lors de la période séparant la mise en vente de la cession, le logement n’a pas été occupé gratuitement ou mis en location.

Remarque : Les conditions pour bénéficier de l’exonération sur la plus-value en cas de vente d’un immeuble en construction pendant une instance de divorce :

  • prouver que cet immeuble est destiné à votre résidence principale;
  • votre couple n’était pas propriétaire du logement occupé pendant la construction de votre future habitation.

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